
Concert de l’année à Cuba, le grand raout organisé dimanche dernier par le chanteur Juanes est un signe fort de l’assouplissement des relations cubano-américaines sous l’ère Obama.
Plus d’un million de personnes s’étaient données rendez-vous sur la Place de la Révolution, à La Havane, pour applaudir une fois n’est pas coutume, non pas un énième discours de Fidel, mais la plus grande brochette de stars latines jamais rassemblée sur l’île. Après quatre mois d’une polémique attisée par le lobby anti-castriste de Miami, qui accuse Juanes de cautionner le régime en offrant un tel cadeau à la population, le suspens sur l’identité des artistes participant à l’événement est longtemps resté de mise. Au final, pas moins de quatorze groupes se sont relayées six heures durant au côté du rockeur colombien.
Parmi lesquels, outre les icônes nationales Silvio Rodríguez et Los Van Van, la star portoricaine de merengue Olga Tañon, le crooner espagnol Miguel Bosé, le collectif new-yorkais de latin-funk Yerba Buena, ou encore le trio hip-hop Orishas, de retour au pays pour la première fois depuis dix ans. Tous de blanc vêtus -public inclus- pour répondre au thème de cette journée « Paix sans frontières ». S’attachant à désamorcer la connotation politique de cette réunion hautement symbolique, Juanes limitera ses interventions extra-musicales à proclamer sa foi en une unité panaméricaine pour des lendemains qui chantent.
Ce en quoi l’ensemble des participants, pour beaucoup en larmes lors de la reprise finale du « Chan Chan » de Compay Segundo, lui donneront sûrement raison. L’auteur de « A Dios le pido » et « La camisa negra » a annoncé qu’il comptait réunir le même plateau l’an prochain à Miami, où l’on piétinait ses disques pendant qu’il chantait à La Havane. Chiche ?
Yannis Ruel

